La résistance

Photo de l'enterrement d'un résistant à Cannes
​avec l'aimable autorisation des archives municipales de Cannes http://archivescannes.ville-cannes.fr/ (archives de M. Quertant)

Les actes de résistance sont plus ou moins relatés.
 
Hormis le cas de personnes qui faisaient de la résistance tout simplement par leur attitude humanitaire, il y avait aussi ceux qui avaient une attitude plus active.
 
Les actes de résistance se manifestaient par les tracts distribués de façon plus ou moins clandestine, les sabotages de matériels utilisés par les allemands, les fusillades, les attentats, etc.


Les tracts

  • Janvier 1943 : inscription sur la rue «  W les Soviets et Staline »  (166w6, p 703)
  •  Juin 1943 : tracts reçus par des instituteurs de Cannes à tendance « communo-gaulliste » (166w6, p 323)
  • 16 sep1943 : Papillons contre Mussolini et Laval (166w6, p 561)
  • Septembre 1943 : Papillons « Vive la Corse libre. Corses unis chassons le Boche de France » (166w6, p 1012)
  •  Septembre 1943 : papillons « victorieusement nous écraserons l’Allemagne » et à l’encre quelqu’un a écrit « Vive la Corse ! » (166w6, p 1012
  •  20 octobre 1943 : tracts communistes à Nice (166w7, p 620)
  • Octobre 1943 : Tracts « l’humanité » retrouvés dans la boîte aux lettre d’un inspecteur (page 572)
  •  Aout 1943 : tracts de « la vie ouvrière » Bd Carabacel (166w6, p 561)
  • 3 novembre 1943 : Des tracts diffusés (166w8, p 426)
  • 25 nov 1943 : Tracts communistes (166w6, page 65)
  •  20 déc1943 : Papillons communistes à Cannes (166w6, p 1019)
  • 25 déc 1943 : nombreuses distributions de tracts des partis « judeo-Plutocratie et Bolchévisme » (166w6, p 356)
  • 18 janvier 1944 : Tracts communistes chemin des Moulins (166w6, p 703)
  •  10 juin 1944 : tracts destinés aux maires (166w6, p 322)


Faux documents

tampon Etat français

Les résistants utilisaient de faux papiers et de faux tampons.
A titre d'exemple voici la photo d'un tampon "Etat Français, Ministère de l'intérieur"

Les sabotages et attentats

  •  Septembre 1943 : Grenade à Cimiez (166w8, p 564)
  • 12 septembre 1943 : 4 explosions avenue St-Joseph dans les cabines de camions (166w6, p 341, 367, 368)
  • 16 Septembre 1943 : sabotage de fils de téléphone à Roquebrune-Cap-Martin (166w6, p 364 :366)
  • 23 septembre 1943 : pétard sous un camion Bd de Cessole (166w6, p 636)
  • 24 septembre 1943 : fils téléphoniques coupés (ou volés) à St-Laurent-du-Var : 5 personnes arrêtées (166w6, p 381 :393)
  • Octobre 1943 : engin explosif sous un camion allemand (166w6, p 309 :316)
  • Octobre 1943 : militaire allemand blessé par arme à feu (166w6, p 376 :379)
  • 27 octobre 1943 : déraillement du train Vintimille-Marseille (166w7, p 503 et 504)
  • 2 Novembre 1943 : explosion dans un camion allemand rue Spinetta (166w8, p 503 ; 166w6, page 401 :414))
  • 6 novembre 1943 : attentat contre un camion de l’armée allemande rue des boers à Nice (166w6, p 286 et suivantes)
  • 15 novembre 1943 : 2 sentinelles gravement blessées (166w7, p 416)
  • 16 nov 1943 : Attentat chez le Dr Graindorge (166w8, p 508)
  •  16 nov 1943 : bombe dans les bureaux de la P A Bd Victor Hugo (166w8, p 509)
  • 17 Novembre 1943 : Bombe à l’hippodrome du Var : dégâts importants (166w8, p 508 ; 166w7, p 349)
  •  Novembre 1943 : jet de grenades à Monaco (166w6, p 324)
  • Novembre 1943 : Bombe gare de Grasse (166w6, p 326 et 330)
  •  Novembre 1943 : engin explosif sous un wagon à Grasse (166w6, p 297)
  •  Novembre 1943 : explosion dans le bar de Ciocchetti, 3 blessés (166w6, p 317,318)
  • 4 décembre 1943 : nombreux coups de feu Place Massena (166w6, p 885)
  •  10 décembre 1943 : attentat contre le centre d’embauche de Beausoleil (166w6, p 337 :340)
  •  17 décembre 1943 : coups de feu à Mandelieu (166w7, p 197)
  • 25 décembre 1943 : engin explosif sous un camion Bd de la madeleine (166w6, p 328)
  • 25 décembre 1943 : attentat par explosif au café « Noailles » avenue de la Victoire fréquenté par des allemands : 9 blessés et un mort (166w6, p 342 :362)
  •  7 janvier 1944 : fils téléphoniques coupés à Cannes (166w6, p 417, 418)
  •  16 janvier 1944 : engin explosif au vallon de l’Ariane (166w6, p 331)
  • 16 janvier 1944 : 2 pétards à retardement au cinéma « le Malaussena » où il y avait des allemands : un soldat mort et 6 blessés (166w6, p 331 :344)
  •  22 janvier 1944 : agression de soldats Place Massena (166w6, p 426 :432)
  • 23 janvier 1944 : militaire allemand blessé d’un coup de feu chemin de Fabron (166w6, page 145, 416)
  • janvier 1944 au Cannet : Grenade (166w8, p 459)
  •  Janvier 1944 : parachutage d’armes à Gréolières (166w6, page 454, 455)
  • 19 mars 1944 : coups de feu sur une patrouille à Cagnes-sur-Mer -166w6, p 419 :423)
  • 20 mars 1944 : attaque de 3 gardiens de la paix français à vélo par 3 résistants : Pauselli Francesco (abattu), Dermadirossian (mortellement blessé) et Bruno Ratti qui fut fusillé le 29 juin 1944 après avoir été condamné par une Cour Martiale extraordinaire (166w5, page 1263:1360)
  •  30 mars 1944 : coups de pistolet sur des militaires allemands rue Léotard (166w6, p 298,299 et 424 :436)
  • 30 mars 1944 : explosion devant un magasin tenu par un fasciste italien (166w6, p 298)
  • Mars 1944 Antibes : Engin explosif (166w8, p 456)
  • 9 avril 1944 : coups de feu contre une sentinelle allemande devant l’hôtel Regina de Vence (166w6, p 300 et 301)
  • 19 avril 1944 : perquisition et échange de coups de feu dans une ferme du castelet près de Saint-Jeannet (munitions provenant de parachutage et un soldat allemand tué (166w6, p 302 :307)
  • 6 mai 1944 : attentat contre l’épicerie de M. Salvetti épicier route de Turin (166w6, p 321)
  • 14 et 15 Juin 1944 : 3 coups de feu vers un soldat allemand de l’organisation TODT à Cannes (166w6, p 606 et suivantes)
  • 22 juillet 1944 : attentat (166w6, p 319)
Les communistes étaient assez bien connus des services de police depuis le front populaire et faisaient l'objet d'une inscription sur une liste "S" (signifiant : première urgence!)


Annonce dans la presse de la mort de Roland Levernay, fusillé après avoir été accusé de sabotage

169w2 p 103

Page 1 deu journal Littoral du 10 août 1944 - Sources : archives municipales de Cannes

Les collabos

169w1 p 88


3 personnes ont été listées ici qui semblaient être des collaborateurs.

  • Jean Oury (Pages 661, 696 et 697), individu perturbé qui a été résistant puis collabo, et finalement arrêté
  • Ottina (page 25, 267)
  • Jean François Braman (page 559)

Il faudrait ajouter un certain Baira cité souvent dans les documents de la police française.
La photo ci-contre est datée du 22 février 1942. L'armée dans les arènes de Cimiez est l'armée italienne (169W1, page 88)


Grassi et Torrin : Récit des évènements par le maire de Gattières en 1949

Le 31 mai 1944, vers 6 heures du matin, le village fut cerné par les soldats allemands ; occupation de la Mairie et de la Poste. Le receveur des Postes, M. Bonnenfant fut arrêté. Perquisition à la mairie. 17 hommes furent pris et envoyés en Allemagne pour le travail obligatoire.
Le 6 juin, deux maquisards venus du dehors furent blessés par les allemands.
Le lendemain 7 juin, le chef du détachement allemand de Gattières fut mortellement blessé par les maquisards se dirigeant vers St-Laurent-du-Var en taxi. Le chauffeur du taxi, Buttelli, fut tué par un allemand. Le soir vers 6 heures, 800 à 1000 soldats allemands cernaient le village et repartaient vers une heure du matin.
Le 3 juillet 1944, le village fut de nouveau cerné par les soldats allemands vers 5 heures du matin. Toute la population fut rassemblée sur la place du Pré. Six otages furent pris, parmi lesquels Torrin et Grassi. Des perquisitions furent effectuées par la gestapo, notamment chez les 6 otages. Tous les postes de T.S.F. du village furent pris. 60 hommes furent emmenés et dirigés à Bernay-sur-Eure pour y travailler.
Le 7 juillet 1944, Torrin et Grassi furent pendus à Nice, sur l’avenue de la Victoire à deux lampadaires au carrefour de l’avenue avec les rues Hôtel des Postes et de la Liberté (ex Maréchal Pétain). Deux stèles élevées à la mémoire de ces deux victimes sont devenues le lieu de pèlerinage des associations de nos résistants lors des grandes cérémonies
Le 17 août 1944 des Patriotes vinrent prendre trois habitants de Gattières et un soldat allemand.
Le 18 août dans la matinée deux cars de soldats allemands arrivèrent à Gattières. Les hommes furent poursuivis à la mitraillette. Deux habitants de Gattières furent blessés, les portes de la Mairie enfoncées. Les allemands repartirent vers Carros, pour aller livrer combat contre les patriotes.
Après toutes ces péripéties, Gattières fut libéré par les patriotes le 27 août 1944, les allemands étant partis dans la nuit.


Gattières, document signé du maire Virginius Audibert e 12 avril 1949 et réponse au questionnaire national (169W3, page 646, 647 et 169w2 p 567 et 568)

Angelo Grassi et de Séraphin Torrin : essai de biographie

Angelo Grassi est né à Sinalunga en Toscane le 28 août 1904 d’Agostino (1866-circa 1940) et de Maria Felici (1876-1958)
 
Il arrive en France le 7 juillet 1926, à Beausoleil (Alpes-Maritimes) avec ses parents et sa femme Gabriella Rossi (1897-1973) qu’il vient d’épouser le 10 janvier 1926 à Rapolano. Son frère Cesare et sa sœur Galliana semblent également les accompagner. Leur fils Agostino naît le 7 aout 1926 à Sinalunga.
 
Il quitte la France de 1927 à 1931, probablement pour la légion garibaldienne en Espagne.
 
Ils habitent ensuite  à Conségudes jusqu’au 30 avril 1936 puis à Gattières. Il est naturalisé français le 23 mai 1940 par décret du 20 mai 1940, mais fut déchu de la nationalité française par décret du 21 mars 1941 pour avoir appartenu au Parti Communiste.

 
C’est en raison de ses opinions politiques qu’il est interné au camp de La Bégude (04270) le 31 juillet 1940 ou en octobre 1940, puis au camp d’Oraison (04700) et au camp de Pescayres à St Sulpice-la Pointe (81370) et au Vernet  (09700) pour être libéré le 21 avril 1942 et revenir à Gattières.
Il est maçon et à partir de 1942 chez les frères Torrelli qui ont une entreprise de BTP.
D’après les documents conservés aux archives départementales, il était selon le rapport du commissaire divisionnaire de Cannes du 4 septembre 1940 « révolutionnaire dangereux. Il est en relation avec l’ex-instituteur communiste Freinet à Vence. Son activité politique a été pernicieuse à Gattières et sa région ». Le même commissaire écrivait le 17 décembre 1940 « de 1936 à 1939, il a détenu chez lui des tracts et des documents communistes, mais il a brûlé le tout en septembre 1939 lors de la dissolution du Parti Communiste. Inscrit à ce parti a fait une propagande très active. Etait le Président de la section de l’Union Populaire Italienne de Gattières, groupement à tendance communiste » (171W 1).
Le maire de Gattières quant à lui écrit le 22 avril 1940 à son sujet : « depuis le début de la guerre 1939 son attitude n’avait pas donné lieu à critiques et il paraissait s’être amendé. Dans ces conditions j’estime qu’on pourrait lui faire bénéficier d’une autorisation de séjour d’un an renouvelable si son dossier le permet. » (616W259). Sur un autre document, M. Nirascou, conseiller municipal déclare qu’il était excellent ouvrier (2164w129).
 
Séraphin TORRIN est né le 8 décembre 1912 à Pelasque (Lantosque) de Pierre Philippe (1886-1935), agriculteur,  et de Marie Baptistine Laurentine Torrin (1891-Après 1988). Il épouse Olga Marie Julie Berenger née à Gattières le 4 avril 1914. Olga était la petite sœur de Julien Berenger (1908-2003), membre du parti Communiste sous le front populaire et membre de l’Union Générale des travailleurs Paysans de Gattières. Il fut aussi candidat aux élections cantonales du 10 octobre 1937. Le cri des travailleurs sous le front populaire faisait paraître des annonces libellées ainsi  le « Kholkoze de Gattières, Ménagères, achetez vos fruits et légumes à nos camarades ». 
Je n’ai pas trouvé le nom de Torrin parmi les communistes pour lesquels des fiches étaient ouvertes à la Préfecture. 
 
Après leur pendaison, le Préfet adressa un télégramme au gouvernement de Vichy  le 7 juillet 1944 pour l’informer de l’exécution de Torrin et Grassi en ces termes : « Autorités allemandes ont exécuté ce soir 17 heures TORRENC Ange et GRASSI Séraphin originaires de Gattières, probablement convaincus de meurtres de soldats allemands. Exécution a eu lieu par pendaison à réverbères angle avenue de la Victoire et rue Hôtel-des-Postes à Nice. Etais intervenu sans succès  auprès Kommandatur pour obtenir changement lieu et procédé exécution. Emotion considérable et résultat psychologique mauvais ». (616W259).
On remarquera que le Préfet a inversé les prénoms et s’est trompé sur l’orthographe du nom de TORRIN, ce qui laisse à penser qu’ils n’étaient pas si connus que cela dans les fichiers de la police et qu’ils n’étaient peut-être pas les coupables non plus, bien que des pistolets auraient été trouvés à leur domicile !
 
A noter que le chauffeur de la Gestapo impliqué dans cette exécution Cesare Fiorucci (1914-1944) a été fusillé par un peloton de FFI après jugement d’un tribunal militaire, quai des Etats-Unis le 27 septembre 1944 à Nice. Son rôle semble avoir été assez actif dans ces arrestations puisque c’est lui qui a été chargé d’aller les chercher et c’est lui qui les a fait monter sur le toit de la voiture avant d’avancer (cf Torrin et Grassi, Roger Rocca, Sourgentin Octobre 2014 (213) 22 :23). Il était né à Citta di Castello, petite ville située à 70 kms de Sinalunga. Grassi et Fiorucci étaient de la même région d'Italie et se connaissaient même peut-être.
J'ai d'ailleurs relevé un nombre important d'italiens originaires de Citta-di-Castello parmi les activistes fascistes dans le département, alors que cette commune de la province de Pérouse ne se trouve pas dans une région proche.
 
Angelo Grassi et Séraphin Torrin reposent désormais à côté l’un de l’autre au cimetière de Gattières qui domine le village (tombes F21 et F23).


Angelo Grassi

Angelo Grassi

Références sur la résistance dans les Alpes-Maritimes

Le Musée de la Résistance azuréenne a réalisé un dossier complet sur le thème « La répression de la Résistance en France par les autorités de Vichy et par l'Occupant" avec une liste de noms et les circonstances de la disparition de quelques-uns des résistants.
Le dossier du musée de la Résistace azuréenne

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