Arrestations

Déroulement des arrestations

166w7 p 1012

La plupart du temps les rafles dans les hôtels ont lieu dans la nuit vers 1 heure du matin.
Mais dans les lieux publics ou dans la rue elles se produisent en plein jour, dans les cafés, dans les cars ou dans les ambulances (166w7, p 797 et 798).
Il est même arrivé qu’on embarque des femmes en petite tenue et en plus qu’on le leur reproche, comme Mme Krauze le 10 sep 1943 (166w8, p 446).
Parfois, les raisons invoquées étaient surprenantes, comme ce monsieur qui a été considéré comme suspect et amené à l’Hôtel Hermitage car il s’était abrité de la pluie sous un arbre le 19 octobre 1943 (166w7, p 521,522).

Souvent les personnes étaient tuées ou blessées en voulant s'échapper :

  • Courtes Georges
  • Goldstein Abraham
  • Huisman Marc
  • Saslawsky Chouwa
  • Fresco Raymond
  • Ghinone Fernand
  • Karwaser Hirsz Joseph
  • Stuerga Guillaume
Quelques fois, certains parvenaient à fuir.


La plupart du temps, les arrestations sont accompagnées de saccages des appartements. Voici une liste non exhaustive de ces vols :

  • coffre forcé des époux Rosanes (166w6 page 18)
  •  vols (166w008 p 414, 437, 440).
  • Vol de la veuve Kampf de 200.000 F sur son compte en banque (166w6, p 85)
  • Vol de 50.000 Francs et bijoux de la famille Tchoukran (166W8, p 147
  • Vol de 110.000 Francs puis 300.000 Francs à la banque « de la part d’individus prétendant appartenir à la police allemande » (166w6, p 206)
  • Vol de 10 millions de francs plus les bijoux à l’occasion de la rafle à Thorenc (166w6 p 527,528)
  • Vol de 30.000 Francs puis 300.000 Francs et 1.000.000 Francs de valeurs (bijoux) (166w7, p 590,591)
  • Les allemands ont emporté 4.000 Francs et « une certaine quantité de chocolat » (166w7, p 621)

 
Les vols étaient courants aussi après arrestation :

  • le responsable du garde-meubles qui vient signaler l’enlèvement d’affaires appartenant à des personnes dont il donne les noms par un homme appartenant à la P.A. (police allemande?) accompagné de militaires allemands le 6 janvier 1944  (166w8, p 410 : 413).
  • Les allemands revenaient parfois le lendemain de l’arrestation pour emporter linge, bijoux, argent, etc (166w8, mars 1944, page 714)
  • Grosse malle déménagement après arrestation des époux Weissanger en sep 1943 (166w6 p 651)
  • Vols et saccage de la boutique d’un magasin d’horlogerie Bd Borriglione appartenant à M. Szajmanowicz le 1er janvier 1944  (166w6 p 931)
  •  Vol des affaires du Dr Waynberger et de la voiture de son gendre (166w7, p 685)
  • La Gestapo allait aussi directement à la banque (crédit lyonnais janv 1944, 166w6, p1196)
  • 18 sep 1943 : Vol de toutes les affaires des époux Tettlebaum qui ont quitté la ville (166w7, p 851).

 
Les chantages existaient aussi de la part de la gestapo ou de ses acolytes comme de la part d’un avocat véreux Me Jacquin (166w8, page 422), confiscations de postes de TSF ou de bijoux ou d’argent (166w8, p 543 et 553) ; en oct 1943 des civils de la Gestapo sont venus dans la boutique interroger les enfants des commerçants sur leurs origines juives supposées.
Il y a eu aussi des affaires de chantage de la part de la Gestapo ou de ses acolytes ou de voyous qui ont profité de la situation proposant des papiers en échange de grosses sommes d’argent. Salomon Zarka aurait été victime de ce chantage et a finalement été non seulement volé mais fusillé (166w7, p 1029).
 
Les arrestations étaient effectuées la plupart du temps par des gens en civil qui parlaient souvent très bien français, allemands, mais plus vraisemblablement français. Les violences étaient fréquentes. La police française qui arrivait sur les lieux pour enquête a posteriori notait des traces de sang de temps en temps.
 
Il est possible que des délinquants se soient fait passer pour des gens de la gestapo pour extorquer de l’argent. Certains croient avoir affaire à de faux policiers et viennent se plaindre au commissariat de police (Maurice Castelli, 166w6 page 34).
 
On trouve quelques documents qui accusent des collabos ayant profité des allemands pour se livrer à des actes délictueux dont un certain Baina (166w8, page 486, 487 ; 166w6 p 559 ; 166w7, p 849) et certains fascistes italiens (166w6, page 34)
Parfois les soldats allemands occupaient des appartements qu’ils se faisaient ouvrir : plainte de Mme Dahan en octobre 1943 (166w8, page 575).
La gestapo se livrait aussi à des "réquisitions" qui étaient en fait des vols : au palais de la Méditerranée (166w8, page 425), vol de billards dans une brasserie (166w6, p 63), réquisition d’une voiture retrouvée abandonnée (166w7, p 849).
Très souvent les papiers étaient confisqués (166w8, page 596), comme pour ce menuisier qui a été raflé dans un bar en janvier 1944.


Les dénonciations

166w6 p 911

Un prime de 30.000 francs (soit 4626 €) pour dénonciation avait été instaurée (166w6, page 497).
Le Reich était riche ; avec l'argent des juifs arrêtés on payait des gens pour en arrêter d'autres ...
 
Les motifs de dénonciation étaient assez divers. En voici quelques exemples :

  • Vengeance personnelle (Mme Dolegowski à Beaulieu-sur-mer dénoncée par Mlle Gruget pour une affaire de linge de maison (166W6, p 533,534)
  • Arrestation de sa propre femme par un membre de la Gestapo en instance de divorce Fridel Schein épouse Press (166w6, p 822)
  • Dénonciation de M. Bersani par sa locataire Mlle Pagnac suite à un différend personnel le 16 nov 1943 (166w7, p 361)
  • Dénonciation du percepteur de Contes par un propriétaire allemand pour un litige de paiement de la taxe foncière et aussi « d’avoir fait donner toute la puissance à son poste de TSF, ce dernier placé devant une fenêtre, le jour qu’a été rendue publique la capitulation de l’Italie » (166w7, p 713 et 714)
  • Dénonciation d'un employeur, la société de transports Santa, par une employé mécontent Ivaldi  (166w7, p 56,123,220 et suiv)
  • Dénonciation d’un commerçant du marché de la Buffa, M. Ramel par une concurrente du marché (166w7, p 413)
  • Dénonciation du gardien de cimetière de Beausoleil par un fasciste italien Coloretti (166w7, p 967)
  • Dénonciation d’une coiffeuse sur dénonciation de M Mélis qui est venu déménager toutes les affaires après arrestation (166w7, p 327)



Les rafles

166w6 page 497

Il y avait des arrestations « ordinaires » qui avaient lieu à l’occasion de contrôles d’identité dans des lieux public (cars, avenue de la Victoire, rue hôtel des Postes, etc.) où l’on embarquait les gens un peu au hasard.


Parfois les arrestations étaient faites à l’arrivée en gare : 100 en septembre 1943 (166w8, p 444).


Il y avait aussi des expéditions programmées, visiblement suite à des informations précises (dénonciations ou aveux arrachés sous la torture ou la menace) dont voici quelques exemples :

  • 6 et 7 mai 1943 : rafle à Embrun
  • 3 juillet 1943 : rafle à Cannes à la clinique Montmorency 9 route de Fréjus (actuellement Avenue Picaud). 6 personnes sont arrêtées et déportées par convoi 77 du 31 juillet 1944
  • 11 sep 1943 : rafle à Roquebrune-Cap-martin de 10 personnes (166w7, p 765 et 766)
  • 22 Sep 1943 : dans des hôtels de Nice et à Monaco (166w8, p 443 et suivantes) dont 19 avenue Audibert dans la pension Reseda (166w6, p 499), 8 personnes le 14 sep 1943 à l’hôtel New York (166w6, p 561)
  • 22 sep 1943 : 9 personnes arrêtées le même jour à Beaulieu, St-Jean-Cap-Ferrat et Villefranche-sur-mer
  • 22 sep 1943 : 80 israélites ont été ramassés par les allemands et ont été amenés à la gare et montés dans 2 fourgons non aménagés (166w6, p 557)
  • 27 sep 1943 : arrestation de juifs 15 rue Maréchal Joffre (166w6, p 1012)
  • Sept 1943 : descente chez M. Noel, résistant marchand de cycles à Cannes (166w6, p 267 et suiv) ; un policier allemand tué
  • Sep 1943 : rafle au tennis du Carlton 166w6 p 556
  • Septembre 1943 : 50 juifs à l’hôtel Excelsior (166w6, p 561)
  •  2 au 4 octobre 1943 : rafle chez les jeunes de l’association d’enseignement libre de Golfe-Juan (166w6, p 453, 483, 484)
  •  5 octobre ; rafle dans un café Place Masséna (166w7, p 971)
  • 5 octobre 1943 : rafle à la pension de la colline St-Antoine : 10 israélites arrêtés (166w7, p 789)
  •  5 octobre 1943 : rafle à l’école de céramique de Moissons Nouvelles à Golfe-Juan : 9 arrestations (166w7, p 957)
  • 6 et 7 octobre 1943 : rafle à l’Escarène, 9 personnes arrêtées (166w7, p 659 et 705)
  • 9 et 10 octobre 1943 : arrestation de 37 personnes dans les hôtels de Thorenc (166w8, p 441 et 453,527, 528)
  •  11 oct 1943 : rafle à Roquebrune-Cap-Martin (166w7, p 937)
  •  13 oct 1943 : rafle à Contes où des juifs étaient hébergés sous des tentes (166w7, p590, 591)
  •  19 oct 1943 : rafle dans le milieu des officiers (166w6, p 485,486) : 8 militaires et les dactylos
  • 20 et 21 octobre 1943 : les juifs cachés dans l’Eglise du Port dénoncés par une niçoise (166w8, p 428,429 ; 166w6, p530)
  • 21 oct 1943 : rafle à Cannes au commissariat de police (166w7, p 552 et 553)
  • Oct 1943 : rafle dans la vallée du Var : Entrevaux, Valberg, Guillaumes, Entraunes (166w7, p 503
  • Oct 1943 : Arrestations de compagnons de France (166w8, p 544) pour avoir « tenu des propos que les policiers de la Gestapo présents dans la salle auraient entendu et jugés hostiles »
  • Oct 1943 : rafle au N°37 et 39 rue Verdi (166w6, p 605)
  •  5 nov 1943 : Hôpitaux (166w6, p 450 :452)
  • 21 nov 1943 : rafle de 15 vieillards juifs de la maison de repos « Villa Jacob » (166w7, 9 111)
  • 28 novembre 1943 : descente au « Chêne vert » à Drap (166w6, p 568)
  • 30 novembre 1943 : L’arrestation de 4 personnes à l’Hôpital Pasteur dont le directeur Paul Mariani et Mélanie Thuel-Chassaigne, soeur Raphaël, qui aidaient les juifs et les résistants à fuir (166w8, p 420)
  • 6 et 7 décembre 1943 : 11 juifs à Sclos de Contes (166w6, p 600)
  •  10 et 11 décembre 1943 : rafle à la société de transports « Santa » (166w7, p 124)
  • 15 dec 1943 : Ascros (166w6, p 1020
  • 26 décembre 1943 : rafles dans les cafés de Nice (150 hommes au Cintra, 20 et le personnel à l’Ecrin, 150 au Plantation, 80 au Rich Tavern (166w6, p 357)
  •  4 janvier 1944 : rafle au groupement interprofessionnel forestier et 30 personnes arrêtées (166w7, p 50 et 168)
  • 7 - 11 janvier 1944 : rafle à l’imprimerie Aegitna rue Châteaudun : 7 à 8 personnes arrêtées (166w7, p18 ; 166w8, 9 459)
  • 21 janvier 1944 : rafle à l’Hôtel Raimbaldi (166w8, p 414)
  • 9 février 1944 : arrestation d’une dizaine de personnes à la SNCAO, Compagnie de transport de Cannes (166w8, p 451)
  •  9 mars 1944 : rafle au service des étrangers de la police à Nice pour emmener les fonctionnaires (166w8, p 263)
  • 21, 23 et 24 mars 1944 : Suite à l’assassinat de Resmini à Antibes une vaste rafle a été effectuée sur Antibes avec 30 arrestations, dont 2 ont réellement participé à l’assassinat (166w8, p 376 :378 et 578 :580)
  • Mars 1944 : à Monaco et Beausoleil rafle de 15 juifs (166w8, p 646) et 5 autres arrestations à Beausoleil le 29 mars 1944 (166w8, p 713 et 166W6, p 680)
  • 31 Mai 1944 : à Gattières : 17 personnes arrêtées mais il y a dû en avoir d’autres.


Les personnes arrêtées étaient amenées dans des hôtels pour y être « triés », ou interrogés. L’Hôtel Hermitage à Cimiez avait été spécialisé pour les prisonniers politiques qui y étaient interrogés et/ou  torturée et les juifs étaient plutôt orientés vers l’Hôtel Excelsior de la rue Durante (tout près de la gare). Voir carte postale de l’Hôtel Hermitage


L’hôtel excelsior a été réquisitionné le 14 septembre 1943 et s’occupait exclusivement des questions juives. Il aurait été abandonné par la gestapo le 18 déc 1943 (166w6, p 539).

 
Un document indique que 2000 juifs environ sont passés par l’hôtel Excelsior pour être dirigés à Drancy (166w6, p 497).


Cela aboutirait à une moyenne de 22 personnes par jour.

D'après la police française les arrestations se seraient ralenties à la fin de l'année 1943 :

  • ​22 oct 1943 : « Les arrestations de juifs par la police allemande continuent, mais les difficultés pour les retrouver s’accentuant, beaucoup s’étant enfuis pour chercher un refuge hors de la région de Nice considérés comme inhospitalière désormais et dangereuse  pour les intéressés «  (166w6, p 538)

  • 21 décembre 1943 : "Le docteur Decker, israélite français, est originaire de Bretagne. Ses parents ont été dirigés sur l’Allemagne. Depuis deux ans, il est au service de la police allemande (service non volontaire) qui l’a affecté au service de ses corélégionnaires. Ce voyage semble annoncer une opération dans la région lyonnaise et confirme le ralentissement actuel des poursuites engagées contre les juifs résidant sur la côte d’azur». (166w6, p 492)


L'Hôtel Excelsior

Cet hôtel près de la gare a été réquisitionné pour rassembler les juifs arrêtés dès septembre 1943. Une note des services de la précture de Décembre 1943 précise le fonctionnement de ce centre de tri (Cote 166W6, pahe 497)

Suicides et assassinats

Il était fréquent que les personnes arrêtées meurent dans des circonstances dramatiques, soit par suicide, soit par assassinat. Les prisonniers mourraient en prison probablement sous la torture. La Gestapo cachait ces morts suspectes à l’état civil comme celle de Juliette Cottena amenée à la morgue le 20 décembre après sa mort le 15 décembre 1943 (166w8, p 651) sans que l’état-civil ait été informé.

On ne pratiquait guère d’autopsie, donc certains « suicides » ont dû être en fait des assassinats. Les suicides avaient lieu également pour échapper à la torture ou à la déportation.


Voici l’identité des personnes mortes en détention pour lesquelles j'ai trouvé des informations :

  • 14 sep 1943 : Lucien Weyl a été victime d’un coup de fusil pour avoir regardé par la fenêtre de la chambre du 3è étage de l’hôtel Terminus où il était incarcéré (166w7, p 348, 349, 1041,1042)
  • 1 sep 1943 : 3 femmes ont tenté de se suicider à l’hôtel Escurial et 2 sont mortes : Olga Brie, Martha (166w6, p 637)
  • 22 sep 1943 : suicide de Jasmina Taret épouse Menasche née en 1892 à l’hôtel terminus arrêtée le 13 sep 1943 (166w6, p 559 ; 166w7, p 952 ; 166w8, p 564)
  • 15 oct 1943 : Tentative de suicide de Jacques Storcel né en 1911 à Longwy et qui n’a pas été soigné (166w7, p 511, 573, 1090)
  • 11 nov 1943 : suicide en se jetant du 4è étage de l’hôtel Excelsior de Joseph Roos, français (166w7, p 260,307 : 310,1075)
  • 19 nov 1943 : suicide à la maison d’arrêt de Grégor Spoliansky, instituteur français (fracture à la base du crâne). Explication officielle : chute dans l’escalier (166w7, p 260, 271 :574, 294,295)
  • 24 nov1943 : Mort de Joachim Trachtenberg dans le couloir d’entrée de l’hôtel Excelsior à sa sortie de la voiture qui l’emmenait : crise cardiaque. (166ww7, p 56, 83, 90, 115, 1092)
  • 4 déc 1943 : Raymond Lemmens, né en 1910 à Rouen qui s’est ouvert les veines (166w7, p 56, 136, 137)
  • 11 déc 1943 : Isidore Jacobi, tué par balle à la tête en essayant de sauter par la fenêtre du 4è étage de l’Hôtel Excelsior (166w7, p 57, 58, 159). La thèse officielle est qu’il a essayé de s’échapper…
  • 28 déc 1943 : Juliette Cottena, chanteuse lyrique, née en 1900 à Paris morte à la maison d’arrêt. L’autopsie demandée n’a pas été réalisée (166w7, p 167, 175, 176, 238 :242)
  • Janvier 1944 : Abraham Bargeboer, né en 1868 aux Pays-Bas retrouvé pendu en prison en janvier 1944 (166w6, p 250 et 252, 256, 257)
  •  8 janv 1944 : Anna Berez épouse Adferi, française, née en 1878 morte après suicide au Veronal à l’hôtel Excelsior (166w6, p 4,5 ; 166w6, p 702)
  • 2 fév 1944 : André Konstantinoff né à Petrograd mort en prison tué d’une balle (166w6, p 688, 719, 720, 756, 757)
  •  10 fév 1944 : Emile Melchior trouvé pendu à la maison d’arrêt (166w6, p 927:946, 947, 965 :967)
  • 13 fév 1944 : Robert Thivin, né en 1898 à Paris, journaliste de l’Eclaireur de Nice qui s’est pendu dans une chambre d’hôtel (166w8, p 136)
  • 3 mars 1944 : Brick Hugo né à Vienne en 1874, mort à l’Hôtel Excelsior par suicide avec des stupéfiants (166w6, p 773, 774, 779)


La maison d'arrêt

Des comptes-rendus sur les effectifs dans la partie de la maison d’arrêt réservée aux allemands sont livrés de temps en temps mais la police n’a pas accès aux listes :

  •  Sep 1943 : du 22 au 23 sep 1943 43 personnes sont incarcérées (166w7, p 850)
  • 21 sep 1943 : 43 personnes amenées en maison d’arrêt (166w6, p 453, 559)
  • 27 sep 1943 : A ce jour 69 personnes écrouées (166w7, p 881)
  •  30 septembre 1943 : 69 détenus aujourd’hui et 73 avant-hier ; 3 libérations et le 4è manque (166w6, p 161)
  • 29 octobre 1943 : 168 détenus à la maison d’arrêt (166w7, p 503)
  • Oct 1943 : 149 détenus contre 120 hier (166w7, p 621)
  • 26 oct 1943 : 154 détenus ce matin (166w7, p 627)


On sait que les conditions de détention étaient déplorables. Un rapport a été rédigé pour décrire le manque de nourriture, d’hygiène et la promiscuité le 27 nov 43 (166w6, p 478).


Autres lieux occupés par la Gestapo

Beaucoup de lieux occupés par la Gestapo et par les nazis  ont disparu. Les camps ont été en grande paretie détruits par les allemands eux-mêmes pour effacer les traces de leurs crimes et par les alliés ensuite pour effacer les mauvais souvenirs. 
Il en est de même pour les bâtiments occupés par les nazis.
Boris Cyrulnik a travaillé sur la mémoire traumatique. Il écrit dans "Sauve toi la vie t'appelle" publié chez Odile Jacob en 2012 " Pour moins souffir, le blessé évite les lieux où il a subi le trauma, les situations qui pourraient y faire penser et les objets qui pourraient l'évoquer. Et surtout il s'empêche de dire les mots qui réveilleraient la blessure" (page 51).
Il est peut-être temps d'évoquer ces lieux de souffrance.

  • L'état-major (Feldkommandantur 994) était installé dans l'hôtel Atlantic situé au 10 Bd Victor Hugo. Cet hôtel existe toujours (voir photo plus loin). La marine de guerre (Kriegsmarine) était située à l'hôtel Suisse, quai des Etas-Unis.
  • La villa "Lynwood" (103 Bd de Brancolar) a été utilisée pour les tortures et héberger des nazis. Cette propriété qui a appartenu au Comte Proper Laurenti-Robaudi (Villa Laurenti) a été vendue à la Comtesse De Hohenwart et revendue comme bien séquestrée après la 1ère guerre mondiale à Benjamin Ellys en 1924. Benjamin Ellys est mort le 25 mai 1939 et sa femme le 5 novembre 1940. Voir la photo de la maison qui existe toujours sur le site Gedenkorte-europa.eu. Cette villa Laurenti était isolée par la vaste étendue du parc Orangini. Maintenant ce parc privé est un espace où de nombreuses villas ont été construites.
  • Il y avait aussi la villa "Trianon" à Nice, qui était située 25 rue Puget à Cimiez, qui a été détruite en 1953 et remplacée par l'immeuble "Les palmes d'or".
  • la villa "Montfleury" à Cannes, Boulevard Montfleury : les archives municipales de la ville de Cannes ont mis en ligne quelques photos de la villa Montfleury à Cannes qui semble avoir été détruite: Façade de la villa Montfleury.
  • la villa "Anaïs" à Menton qui se trouvait rue Prato. Grace aux recherches d'Alain Garribo, il s'avère que cette villa a été détruite ainsi que la villa Maurice et l'hôtel des palmiers en 1962 pour construire l'immeuble qui est actuellement le Tribunal d'Instance de Menton au N°7 de la rue Prato. A la libération c'était là qu'avait été installé le Tribunal.
  • La villa "Nobili" à Cimiez au 94 de l'avenue Georges V a elle aussi servi à la Gestapo mais existe toujours  Villa Nobili ou Château de Cimiez
  • La villa "Les Iris" à Villefranche-sur-mer au 34 Bd Lazare Settimelli. Cette propriété existe toujours
  • La villa "Nellcote" 10 avenue Louise Bordes à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Cette propriété qui s'appelait auparavant la villa "amicizia" et qui a appartenu à Eugène Thomas puis au Comte de Brulatour, puis à Samuel Goldenberg, et à Alexandre Bordes,  a été louée en 1971 aux Rolling Stones. Elle existe toujours (voir la photo de la grille d'honneur plus loin).
D'autres adresses sont encore à répertorier, dont certaines à Monaco.

Toutes ces propriétés réquisitionnées et /ou confisquées à leurs propriétaires étaient entourées de parcs, loin des regards et des oreilles. 


Villa Nellcote à St-Jean-Cap-Ferrat

Hôtel Excelsior, Rue Durante (Affaires juives)

Atlantic Hotel, Boulevard Victor-Hugo, siège de l'état-major

ATLANTIC HOTEL

Hôtel Hermitage à Cimiez (Gestapo)

Hôtel Suisse, quai des Etats-Unis (Siège de la Kriegsmarine)

Villa Nobili à Cimiez vue de l'avenue Georges V

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